Je suis l’horloge

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Je suis l’horloge qui s’amuse le long d’vos jours, le long d’vos nuits.
Je suis l’horloge aux mille ruses, je ris toujours du temps qui fuit.

Je croque les heures à pas d’géant
De tous ces siècles qui vous font face
Et tout à l’heure d’un coup de dent
Coup’rai le fil au temps qui passe.

Et mes secondes d’éternité
Se jouent de vous, de vos ancêtres,
Dans une ronde toute endiablée
Devenez fous, je suis le maître.

De mes aiguilles je tricote,
Je compte vos vies qui vont qui viennent
Et ça défile, et ça cahote,
Le temps charrie les heures anciennes.

La terre n’a pas que 2000 ans
Hommes avides fous de vos forces,
Souvenirs froids pour ses volcans,
Juste une ride sur son écorce.

La vie défile à ma fenêtre,
Je sais attendre vos lendemains,
J’ai vu des villes disparaître
Sous pluies de cendres et de chagrin.

Du sud au nord et d’est en ouest
Les sans-pays en transhumance,
Le vent les mord et les déteste,
Objets d’oubli sur la balance.

Je suis l’horloge qui s’amuse le long d’vos jours, le long d’vos nuits.
Suis-je l’horloge ? Où sont mes ruses quand votre amour me terrifie ?

Quand tous les rires de vos enfants
S’envolent au ciel moi je perds prise
Car j’ai beau dire le poids des ans
Malgré son fiel a des surprises.

Quand vos regards frôlent l’amour,
Vos sentiments commencent à vivre.
J’ai du retard, je perds vos jours,
Je perds mon temps, je vous délivre.

Je suis l’horloge déboussolée le long d’vos jours, le long d’vos nuits.
Je suis l’horloge et vous riez, riez toujours du temps qui fuit.

Je donn’rai l’heure encore mille ans, vos vies rebelles sont un défi,
Malheur, bonheur, trouvez le temps, tissez les fils d’une autre vie.

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